Friday, May 19, 2006
Thursday, May 18, 2006
Rent, Chris Columbus
Rent, Chris Columbus (mail)
par LDS
Tuesday, May 02, 2006
Bells are Ringing, Minnelli
On a Clear Day You Can See Forever, Minnelli (happy end or/and new start ?)
All That Heaven Allows, Sirk
The Pirate, Minnelli
Magnificient Obsession, Sirk
The Hunted, Friedkin
The Three Musketeers, George Sidney
Red River, Hawks
Terrore nello spazio, Bava
Some Came Running, Minnelli
Les anges du pêché, Robert Bresson
Young Mr Lincoln, Ford
Les Girls, Cukor
On the Town, Donen & Kelly
It's Always Fair Weather, Donen & Kelly
The Happy Road, Gene Kelly
Mogambo, Ford
Shanghai Express, Von Sternberg
Magnificient Trio, Chang Cheh
Monday, May 01, 2006
Brigadoon, Minnelli
Writen on the Wind, Sirk
Singin' in the Rain, Stanley Donen
'R Xmas, Ferrara
The Prisoner of Shark Island, Ford
Broadway Bill, Capra
Lady for a Day, Capra
La naissance de l'amour, Garrel
An American in Paris, Minnelli
Meet John Doe, Frank Capra
Pat and Mike, Cukor
Objective Burma, Raoul Walsh
Meet Me in St Louis, Vincente Minnelli
Paul laissait Eve endormie au moment indistinct où l’aube passe au jour. Il l’avait regardé sombrer lentement dans le sommeil, ses yeux se fermer, son souffle se faire plus court. Il avait un peu honte de son stratagème mais se disait que le prix de sa beauté méritait de ne pas y succomber. Se doutant qu’un geste aurait suffit pour tout faire basculer, il préférait la regarder intact, entretenir des discussions, en faire sa confidente. Il savait que cela ne durerait pas, que c’était éphémère, que ce désir romanesque relevait d’un fantasme fictionnel rohmérien. En observant Eve endormie un moment, la candeur de son visage, la simplicité enfantine de ses traits d’une tendresse si rassurante, l’éclat de ses cheveux blonds les redessinant successivement, il se dit que Eve ressemblait à une héroïne de Minnelli. Non pas une héroïne minnellienne, mais enfermée dans le monde de Minnelli. Eve vivait hors du temps, semblait venir d’une époque inconnue. Comme dans Le Chant du Missouri -grande comédie musicale pâtissière-, où les personnages s’enferment dans un monde artificiel et rêvé. A la recherche d’un paradis perdu, d’un village fantasmé à la Brigadoon invitant à ne jamais aller voir ailleurs, à rester souder en famille en quête d’un désir d’immortalité, d’éternité. Le Chant du Missouri, délicieuse maison de poupées pensait Paul, avec ses robes chantilly, ses maisons pâte d’amande et ses filles en sucre. Il se demandait presque si chez Minnelli les personnages ne sont pas morts, si tout ça n’était pas un grand et joyeux ballet de fantômes aux regards pétillants d’avoir fuit la réalité. Eve semblait s’en être échappée pour venir en rendre l’image, être la cristallisation féminine vivante du cinéma de Minnelli. Paradoxalement elle était le dedans et le dehors de cette image. Etrangère à nos mondes mais réel au sien, elle venait de chez Minnelli par son intemporalité mais résistait à l’embaumement par sa beauté inédite la rendant à la fois irréelle et si présente. Paul savait en quittant Eve ce matin là qu’elle serait à tout jamais son âme sœur inaccessible.
